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Gestion du câblage du télescope pour l'astrophotographie (partie 1)

L’arrivée des technologies numériques et informatiques en astrophotographie a révolutionné les techniques d’acquisition et de traitement des images.

Le pilotage informatique total du télescope, des déplacements au suivi, de l’autoguidage à l’acquisition, a inévitablement conduit à multiplier les connectiques USB ou d’alimentation nécessaires pour faire fonctionner tous ces éléments ensemble.

Résultat : Les montures se recouvrent de câbles, réaliser les branchements en début de session prend du temps, les déplacements tirent sur les câbles et amènent des risques pour le matériel et dégradent le suivi. Comment améliorer les choses ?

A ce jour (avant 2015), je n’ai pas de gestion efficace de mon câblage. J’essaye simplement de faire en sorte que les fils ne tirent pas sur le matériel lorsque le télescope se déplace. Je pilote mon télescope à distance (bien au chaud dans la maison) et n’ai donc pas l’œil dessus en permanence. Je ne suis donc pas particulièrement serein lorsque je réalise un déplacement rapide sur un objet (GOTO) à distance, sachant qu’un câble peut se coincer.

Je ne fixe pas les câbles ensemble car la plupart du temps, tout est démonté en fin de nuit afin de ranger le matériel.

Tout câbler en début de nuit et tout décâbler en fin de nuit consomme un temps non négligeable qui pourrait être utilisé plus utilement pour réaliser des images.

L’installation du matériel en lui-même prend aussi du temps. Les nuits où la météo est favorable sont rares, il faut donc pouvoir être opérationnel rapidement et ne pas abandonner l’idée rien qu’en pensant au délai nécessaire à l’installation et au câblage de tout ce matériel.

Afin de m’affranchir du montage des éléments chaque nuit, j’ai acquis un pied colonne sur roulettes qui permet de déplacer le matériel déjà assemblé.

Malheureusement, vu le nombre de câbles et la façon dont ils sont agencés, je ne peux pas les laisser fixés sur le télescope en permanence contrairement au matériel et suis donc obligé de câbler/décâbler chaque nuit.

Installer tout le câblage en permanence prendrait tout son sens, mais nécessite une refonte totale de sa gestion.

Les câbles seront redimensionnés à la juste longueur, les prises allume-cigare seront remplacées par des fiches RCA, et surtout, un maximum d’éléments seront fixés sous le tube du télescope afin que les câbles soient solidaires du mouvement du télescope (pour éviter que les câbles tirent lors du suivi et des déplacements).

Ma gestion actuelle du câblage est schématisée de cette façon :

On y voit les différentes alimentations (monture, appareil photo, hub USB, résistances chauffantes) ainsi que la connectique USB (Appareil photo, caméra, Focuser, monture, manette), tout ceci relié au PC.

Sur le côté droit sont représentés verticalement les emplacements des différents éléments et câbles (Tube du télescope, monture, trépied et extérieur qui correspond à ce qui n’est pas fixé sur le télescope). La manette est représentée sur le tube du télescope mais peut être placée n’importe où (en pratique, souvent déconnectée lorsque je ne m’en sers pas).

On y observe qu’un grand nombre de câbles traversent tout le schéma (du télescope vers “l’extérieur”, en passant par la monture et le trépied).

Lorsque le télescope fait un simple suivi (axe en ascension droite) la monture se déplace par rapport au trépied (et par rapport à l’extérieur) – Le tube étant dans ce cas solidaire de la monture- , les câbles situés entre l’extérieur et la monture tirent (en pointillés):

J’ai donc 6 câbles qui tirent lors d’un simple suivi d’objet.

Lorsque je réalise un déplacement sur les deux axes (ascension droite [AD] et déclinaison [DEC]), typiquement lors d’un GOTO, le tube du télescope n’est plus fixe par rapport à la monture. En sus des câbles qui tirent lors d’un déplacement d’axe en AD, les câbles situés entre le tube du télescope et la monture tirent aussi (déplacement en DEC) :

C’est simple : A part un câble, tous les autres tirent. Les risques pour le matériel sont élevés.

La solution : Réaliser une refonte complète du câblage en le simplifiant et en faisant en sorte qu’un minimum de câbles soient impactés lors d’un suivi et d’un GOTO. De plus, il faut qu’un minimum de câbles aillent à l’extérieur afin de fixer à demeure tous les câbles et n’avoir que peu de branchements à réaliser lors de la mise en route.

Le nouveau schéma de câblage est le suivant :

On peut y observer plusieurs choses. D’abord, cela semble plus simple et plus propre. Ensuite, il n’y a que deux câbles qui vont à l’extérieur : Un câble USB vers le PC et un câble d’alimentation 220v vers l’alimentation stabilisée (fixée sur le pied colonne). Cela permet par conséquent de laisser tout le matériel câblé en permanence et de faire rouler le pied colonne en début et en fin de nuit sans rien démonter ni décâbler. Quel gain de temps !

Enfin, on y voit que toute l’interconnexion est réalisée au niveau du tube du télescope. Ceci a une conséquence forte et immédiate sur les déplacements du télescope.

Lors d’un déplacement en AD (suivi) les câbles qui tirent sont les suivants :

Il n’y a plus que deux câbles qui tirent lors du suivi. Il sera aisé de réaliser une “boucle” sur le trépied pour laisser assez de mou lorsque le télescope tourne sur cet axe.

Lors d’un déplacement en AD et en DEC (GOTO) les câbles impactés sont les suivants :

Le bénéfice est ici évident. Seul un câble supplémentaire est impacté lors d’un GOTO. Nous n’avons plus que trois câbles qui tirent au lieu de onze. Gérer le “mou” sur ces trois câbles sera extrêmement facile.

Les risques pour le matériel sont quasiment écartés, l’ensemble sera plus propre et tout pourra être câblé à demeure pour pouvoir sortir le télescope entièrement monté.

Il est à noter que sur ce nouveau schéma, deux éléments ont été ajoutés : Une résistance chauffante supplémentaire, et une nouvelle prise 12v prévue pour un futur usage. Il y a donc encore plus de possibilités.

Tout ceci n’est faisable qu’avec le boitier d’interconnexion (en haut à droite du schéma) qui répartira l’alimentation sur les différents éléments et devra délivrer trois tensions différentes (12v, 8v, 5v). Un tel boitier n’existant pas dans le commerce (un boitier s’en rapprochant existe mais à un prix exorbitant), il sera nécessaire de le réaliser soi-même.

Mise à jour : Le boitier est désormais réalisé et donne toute satisfaction. L’autoguidage ST4 a été remplacé par un autoguidage en Pulse Guiding, supprimant encore un câble. Ainsi, ce ne sont que deux câbles (Usb vers PC et Alimentation) qui sont impactés par un GoTo.

Mise à jour 2 juin 2017 : Un nouvel article prend la suite de celui-ci en poussant le concept du boitier beaucoup plus loin. Je vous invite à le lire en cliquant ici.

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